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	<title>Association des Amis de Jean Mabire &#8211; AAJM</title>
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	<description>Écrivain Normand et Européen</description>
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	<title>Association des Amis de Jean Mabire &#8211; AAJM</title>
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		<title>Jean Mabire &#8211; Le Camp – Une école d‘énérgie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mabrigole]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Nov 2025 14:57:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Un autre monde commence, sitôt franchie la haie des amis, fiers et nets dans leur uniforme, couleur du sable sur la grève de l'océan. Le monde du camp nationaliste n'est pas un monde irréel. Ce n'est pas un univers où nous cherchons un refuge, où nous jouons au militant comme d'autres jouent aux Indiens. Ce]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un autre monde commence, sitôt franchie la haie des amis, fiers et nets dans leur uniforme, couleur du sable sur la grève de l&rsquo;océan.</p>
<p>Le monde du camp nationaliste n&rsquo;est pas un monde irréel. Ce n&rsquo;est pas un univers où nous cherchons un refuge, où nous jouons au militant comme d&rsquo;autres jouent aux Indiens. Ce n&rsquo;est pas le camp de la fuite, mais celui de la conquête. Nous ne sommes pas là pour nous distraire, mais pour apprendre.</p>
<p>Le camp n&rsquo;est pas tellement différent de la ville. Si le cadre change, notre combat reste le même. Dans les bois et sous la pluie, auprès des sources ct du soleil, au grand vent de notre amitié, nous sommes en train de construire en nous-mêmes le monde qui sera demain notre monde.</p>
<p>Notre idéal n&rsquo;est pas seulement un système de pensée. C&rsquo;est d&rsquo;abord une manière de vivre. Une centaine de jeunes gens ont fait l&rsquo;expérience de ce que sera demain la vie au grand air des milliers et des millions de leurs cadets.</p>
<p>Chaque instant de ce camp appartient déjà au monde de demain.</p>
<p>Il est des moments enrichissants et indescriptibles. Ainsi chaque minute de notre vie à ce camp-école.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-1446" src="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/11/Jean-Mabire-Le-Camp-–-Une-ecole-d‘energie-Cahiers-Universitaires_25-195x300.jpg" alt="Jean-Mabire---Le-Camp-–-Une-école-d‘énérgie---Cahiers-Universitaires_25" width="195" height="300" srcset="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/11/Jean-Mabire-Le-Camp-–-Une-ecole-d‘energie-Cahiers-Universitaires_25-195x300.jpg 195w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/11/Jean-Mabire-Le-Camp-–-Une-ecole-d‘energie-Cahiers-Universitaires_25-200x307.jpg 200w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/11/Jean-Mabire-Le-Camp-–-Une-ecole-d‘energie-Cahiers-Universitaires_25-400x614.jpg 400w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/11/Jean-Mabire-Le-Camp-–-Une-ecole-d‘energie-Cahiers-Universitaires_25-600x921.jpg 600w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/11/Jean-Mabire-Le-Camp-–-Une-ecole-d‘energie-Cahiers-Universitaires_25-667x1024.jpg 667w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/11/Jean-Mabire-Le-Camp-–-Une-ecole-d‘energie-Cahiers-Universitaires_25-768x1179.jpg 768w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/11/Jean-Mabire-Le-Camp-–-Une-ecole-d‘energie-Cahiers-Universitaires_25.jpg 800w" sizes="(max-width: 195px) 100vw, 195px" /></p>
<p>« Une flamme claire qui ne craint pas la mort », c&rsquo;est le sens du titre de ce journal, de l&rsquo;étendard qui flotte sur le camp, de ce qui nous unit à la veillée et qui n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la source de vie d&rsquo;une communauté humaine.</p>
<p>La flamme est le symbole même de la maîtrise de l&rsquo;homme sur la matière. C&rsquo;est le symbole de la vie : le combat de l&rsquo;homme pour vaincre les éléments, garantir la survie de sa cité, assurer le développement de sa communauté dans le monde, c&rsquo;est-à-dire faire œuvre de civilisation.</p>
<p>Elle est aussi le symbole de la communauté dont nous sommes et pour laquelle nous devons nous battre. Car nous sommes des héritiers et des précurseurs. Génération de précurseurs parce que nous devons rendre à nos compatriotes le sens de leurs propres responsabilités et leur responsabilité générale d&rsquo;Européens dans le monde.</p>
<p>La vie est un combat, elle prend son sens parce que nous risquons la mort. Nous prenons tous les risques : nous nous sommes engagés jusqu&rsquo;au bout. Nous sommes logiques avec nous-mêmes. Nous ne craignons pas l&rsquo;échec, nous ne craignons pas la mort, parce que nous ne savons pas ce que signifie « renoncer ».</p>
<p style="text-align: right;"><em>Cahiers Universitaires n°25</em></p><p>The post <a href="https://jean-mabire.com/jean-mabire-le-camp-une-ecole-denergie/">Jean Mabire – Le Camp – Une école d‘énérgie</a> first appeared on <a href="https://jean-mabire.com">Association des Amis de Jean Mabire - AAJM</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Le froid et le Nord par Jean Mabire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mabrigole]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2025 07:58:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
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					<description><![CDATA[Je suis d’un pays où le gris est la plus belle des couleurs. Entre le noir et le blanc, chaque ton prend sa juste valeur. Le plomb des vagues. La suie des nuages. Ce jour-là, c’était en décembre, quand l’automne roux — la plus splendide des saisons — s’incline devant l’hiver gris. Je voulais voir]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Je suis d’un pays où le gris est la plus belle des couleurs. </em></p>
<p>Entre le noir et le blanc, chaque ton prend sa juste valeur. Le plomb des vagues. La suie des nuages. Ce jour-là, c’était en décembre, quand l’automne roux — la plus splendide des saisons — s’incline devant l’hiver gris. Je voulais voir la mer. Le plus près de Paris, c’est Dieppe (les voyageurs et les gastronomes le savent qui apprécient ses filets de sole et son bateau pour New Haven). Le plateau de Caux se drapait dans des solitudes horizontales, un peu hollandaises, un peu danoises, qui sentaient déjà la Baltique et nos forteresses perdues. Chaque ferme, dans la brume matinale, respirait l’avarice et l’audace. De Ganger Rolf, premier duc, à Mait&rsquo;Louis, roi sur sa terre, les hommes de chez moi ont des moustaches de coureurs de mer et des yeux· à faire basculer l’horizon.</p>
<p>Sur le rivage tout perdait sa couleur pour trouver sa nuance. Un beau travail de cinéaste ennemi du technicolor… Les falaises à pic dans la respiration de la mer, toute cette vieille craie usée et humide, avec le duvet d’herbe rase, frissonnant dans le vent froid. Le gazon du front de mer avait aussi perdu sa belle teinte vert vif qui, l’été, fait songer à un golf.</p>
<p>Le rempart des galets cachait les vagues et leur dernier rouleau. On entendait seulement des coups de canon et le grondement de tous ces cailloux qui se frottaient en gémissant. Toujours le vent. Des gerbes d’écume claquaient sur la jetée. Douche glacée. Le goût du sel sur les lèvres. Appuyé sur le parapet, on s’imaginait au grand large. Les mouettes volaient plus bas que nous, au ras de l’eau. Elles cherchaient leur vie, avec des cris brefs. Fraternels. Ce sont là des images. Des souvenirs. Des rêves. Le froid qui grimpe dans les os. Et pourtant, on est bien. Tout est possible. La mer grise et le ciel gris ne parviennent pas à se séparer maintenant que la pluie est en train de tout noyer. Les vagues ne se lassent pas.</p>
<p>Jamais. Le vent les creuse, les écrête, les brise contre les galets. La mer partout. C’est la plus belle du monde. Le chemin de l’aventure. Oui, tout est possible. Il ne faudrait pas tellement de toile pour rejoindre nos lointaines colonies : l’Angleterre, l’Amérique. Là-bas, ceux de ma race ont réussi&rsquo; des choses étonnantes : la vapeur, les Indes, le cosmos. La jetée de bois, sculptée par les embruns, vibre. Des mousses ont gravé au couteau des serments naïfs sur la rambarde. Tout mon pays meurt d’envie d’appareiller. Les flèches des cathédrales escaladent le ciel comme des mâtures. Partir au grand large, comme nous en sommes venus voici mille années.</p>
<div id="attachment_1400" style="width: 257px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-scaled.jpg"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1400" class="wp-image-1400 size-medium" title="Cahiers-Universitaires-30_1967_Froid-Nord Jean Mabire - Jeannine Mabire" src="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-247x300.jpg" alt="Cahiers-Universitaires-30_1967_Froid-Nord Jean Mabire - Jeannine Mabire" width="247" height="300" srcset="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-200x243.jpg 200w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-247x300.jpg 247w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-400x485.jpg 400w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-600x728.jpg 600w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-768x932.jpg 768w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-800x971.jpg 800w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-844x1024.jpg 844w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-1200x1456.jpg 1200w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-1266x1536.jpg 1266w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0002-1687x2048.jpg 1687w" sizes="(max-width: 247px) 100vw, 247px" /></a><p id="caption-attachment-1400" class="wp-caption-text">Cahiers-Universitaires-30_1967_Froid-Nord<br />Jean Mabire &#8211; Jeannine Mabire</p></div>
<p>Et tout emporter avec nous : la patience, la songerie, le courage, la méfiance et une belle moisson d’enfants blonds. Mon pays, c’est la mer. Couronne des escales autour de mon royaume : Southampton, Edinburgh, Bergen, Copenhague, Hambourg, Brême, Rotterdam, Antwerpen, que les Français appellent Anvers, Dunkerque. Dunkerque, si loin de Tamanrasset, si près des jours de mai 40 où j’ai perdu la France sur les routes. Dunkerque, le nom qui de tous me fait le plus mal, avec ces dunes où le sable efface tant de pas, où le vent emporte tant de paroles, où la pluie arrache tant de larmes. Dunkerque et Penmarch, qu’ils sont beaux les noms de mes amours ! Voilà. Ce jour-là, j’étais à Dieppe comme dans un film en grisaille subtile. J’aurais pu aussi bien me trouver à Fécamp ou à Barfleur. Mais la mer n’y est point si grise et j’avais besoin de gris.</p>
<p>J’essayais de trouver ce qu’il me fallait écrire sur le Nord et sur le froid. Je ne trouvais rien d’autre à offrir que cette morsure de la pluie salée et glaciale, rien d’autre que cette certitude absolue que j’étais heureux. Heureux et triste. Pas commode à expliquer.</p>
<p>Mais nous ne sommes pas toujours des gens commodes. Que seraient pourtant les pays sans les hommes ? La mer sans les marins et les noyés ? Celui-là, il était nu sur une table, dans une mairie de village, au pays des Côtais, sur cette immense grève, infinie et basse, d’où on guette les Îles, comme un mur écroulé, des Chausey à Aurigny. Ce que je raconte, c’est une histoire qui m’a été rapportée. Presque une légende. À cette époque, j’avais une quinzaine d’années et le rivage de mon enfance était devenu zone interdite. Verboten. Des gamins à peine plus âgés que moi y avait retrouvé les tranchées que je creusais avant-guerre dans les dunes, avec mes cousins et ceux de notre bande ; ils y avaient coulé le béton des forteresses inutiles. Plus tard, beaucoup, plus tard, on m’a parlé du noyé. C’est le secrétaire de mairie qui m’a raconté l’histoire. Difficile d’identifier cet inconnu vomi par le jusant. Il était nu, je crois l’avoir dit. Un grand type à la peau claire, un visage allongé, des cheveux plutôt roux collés sur les tempes.</p>
<p>On avait baissé les paupières sur des yeux bleu pâle.</p>
<p>Comme il avait le type nordique, on avait prévenu la Kommandantur. On attendait. « Ce pourrait bien être un gars de chez nous » dit un paysan. « Ou bien un Anglais » répondit un autre, avant qu’intervint un troisième : « Sans doute un Allemand ». Il y eut un assez long silence. Quelqu’un conclut : « Tout ça, c’est la même race ». On n’attacha pas d’importance particulière à cette remarque, tellement évidente, et on alla vider une moque de cidre au plus proche débit, quand les gendarmes eurent emmené le corps.</p>
<p>C’est une histoire qui me hante, surtout à l’heure où la mer rend les noyés. Le racisme théorique, avec ses mensurations et ses querelles, m’assomme.</p>
<p>Mais je ne pourrais jamais m’empêcher d’aimer jusqu’à la déraison un certain type humain. Aujourd’hui, je suis tout autant Rhodésien que Normand — Rhodésien parce que Normand. C’est une question de famille. On aime ses frères ou pas. Je pense souvent à Drieu La Rochelle que l’on disait inconstant parce qu’il aimait à la fois les Britanniques et les Allemands, les Yankees et les Russes. Avant son premier suicide, en août 1944, dont on ne le sauva que par hasard, il se promène une dernière fois dans Paris.</p>
<p>Il regarde les SS qui montent vers le front de Normandie. L’envie folle le prend de partir se battre avec eux. Ou contre eux — mais dans un régiment écossais. Il le raconte dans son Journal (encore inédit, hélas). Ce doit être cela, le Nord. Un pessimisme actif, un type de héros ultra-volontaire et ultra-sentimental que l’on retrouve dans les romans de Knut Hansum ou de Jack London. Et aussi la beauté. Une beauté qui immobilise le mouvement et donne une image de l’infini. « Millénaire jeunesse, Grèce que j’aimais » chantait Jean Turlais dont les poèmes restent les plus émouvants mots de passe d’une génération d’enfants perdus. On me croit à l’autre bout du continent, égaré dans la brume et le délire. On m’attend au cap Nord. Mais je rêve des Cyclades tout autant que des Lofoten. Les soldats de Salamine et les rois d’Uppsala avancent d’un même pas. Un casque trouvé dans une tombe danoise donne au fantôme du père d’Hamlet le masque guerrier d’Athéna.</p>
<p>Les colonnes d’un temple ou le bordé des drakkars, l’or ouvragé surgi des steppes, les chevaux domptés et les muscles durs. Comment diviser mon sang ?</p>
<p>L’Europe est toujours au nord de l’Orient. Le Spartiate mort au soir des Thermopyles a la beauté tragique de ce seigneur de la mer allongé dans son vaisseau royal pour un dernier voyage. Ses fidèles le poussent vers le large. Un bûcher au pied du grand mât. Une torche. Il ne sera bientôt plus qu’un feu sur la mer. Ils ont le même visage que le noyé de mon pays. Visage de Polyclète et du chevalier de Bamberg. Visage calme et grave sous le casque couronné de feuillages des derniers soldats d’Occident.</p>
<p>Visages d’os, de chair et de sang qui sont notre héritage et notre espoir. « Il n’est de richesse que d’hommes », aime à répéter Saint-Loup. Admirable formule.</p>
<div id="attachment_1398" style="width: 215px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1398" class="wp-image-1398 size-medium" title="Cahiers-Universitaires-30_1967_Froid-Nord Jean Mabire - Jeannine Mabire" src="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-205x300.jpg" alt="Cahiers-Universitaires-30_1967_Froid-Nord" width="205" height="300" srcset="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-200x292.jpg 200w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-205x300.jpg 205w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-400x584.jpg 400w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-600x876.jpg 600w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-701x1024.jpg 701w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-768x1122.jpg 768w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-800x1168.jpg 800w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-1052x1536.jpg 1052w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-1200x1752.jpg 1200w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-1402x2048.jpg 1402w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2025/10/Cahiers-Universitaires-30_0003-scaled.jpg 1753w" sizes="(max-width: 205px) 100vw, 205px" /><p id="caption-attachment-1398" class="wp-caption-text">Cahiers-Universitaires-30_1967_Froid-Nord</p></div>
<p>Je n’aurais attendu que ma quarantième année pour me dégoûter, définitivement j’espère, des abstractions de la philosophie et des jongleries de la politique. Ce qui compte dans toute aventure humaine, ce sont les amis avec lesquels on les mène. Beaucoup des miens sont morts vers leur trente-cinquième année.</p>
<p>Je les ai peu connus, mais je sais qu’ils auraient sans doute été mes meilleurs amis, sans ma vie et sans leur mort. Nous ne nous comprenions pas très bien parce qu’ils étaient en avance sur moi. J’envie parfois la manière si singulière dont ils ont su nous quitter. G. disparu corps et bien avec son cotre au large d’Ouessant. V. sauté sur une mine dans une jeep bourrée de munitions et d’explosifs. T. précipité au fond d’une crevasse au-dessus des Bossons en voulant sauver une vie (la mienne). N. foudroyé au volant d’une voiture qui roulait à près de 200 à l’heure sur l’autoroute. J’ai aussi sans doute croisé D. au hasard des étapes algériennes, mais lui, le fusillé, appartenait déjà à un autre monde. Au lieu d’un article, je suis en train d’écrire un bilan. Peu importe.</p>
<p>Je ne m’éloigne pas. Je ne m’éloigne jamais. Surtout quand je ne réponds pas aux questions et aux attentes. Mais comment parler du Nord sans parler de moi ? Depuis des années, je voudrais même dire depuis toujours, mais le plus loin que je remonte, ce doit être vers 1937 sur les bords du lac de Constance, j’appartiens à un monde que j’ai baptisé « nordique » parce que c’est un mot qui a l’avantage de n’être pas trop précis et de ne point m’enfermer dans les limites étouffantes d’une doctrine. C’était cela que je reprochais au Sud : la frontière, le fini, la loi. Rome enfermée dans une définition immuable et fragile de l’Empire. Les champs au cordeau, l’alignement des vignes et des légions, la mer tiède qui a perdu sa respiration… Au bout, le Sahara. Comme nous gardons la fascination de notre passé. Peuple des forêts qui nous souvenons des déserts et des tentes de peau.</p>
<p>Et des glaciers. Europe des lacs de Mazurie et des collines de Corinthe, Europe qui ne se tiendrait pas droite sans le squelette des Alpes. Comme on a tort de vouloir m’enchaîner au banc d’un doris, « nageant » au large de l’Islande. Bien sûr, je cherche sans fin l’Ultima Thulé, mais je connais aussi le prix du marbre brûlant à l’heure de midi et la morsure des aiguilles de glace, quand le piolet fait jaillir des étincelles de neige et de givre. Qui n’a rêvé de hisser le pavillon noir des corsaires sur les 5.629 mètres de l’Elbrouz, aux confins de l’Europe et de l’Asie, de l’Occident et de l’Orient, dans ce Caucase éternel où Prométhée, après avoir dérobé le feu du ciel, souffre et triomphe à jamais avec tous ceux de notre race ? Le froid, ce n’est pas seulement le Nord. C’est aussi le plus haut, le plus pur et — par un lumineux paradoxe — le plus près du soleil.</p>
<p>JEAN MABIRE</p>
<p>Cahiers Universitaires 67, n°30, Janvier-Février 1967, Nord-Froid</p>
<p>Couverture de Jeannine Mabire</p><p>The post <a href="https://jean-mabire.com/le-froid-et-le-nord-par-jean-mabire/">Le froid et le Nord par Jean Mabire</a> first appeared on <a href="https://jean-mabire.com">Association des Amis de Jean Mabire - AAJM</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Jean Mabire s&#8217;invite à La Matinale (Émission du 30/04/2025)</title>
		<link>https://jean-mabire.com/jean-mabire-sinvite-a-la-matinale-emission-du-30-04-2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[mabrigole]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 14:03:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce matin Romain Desarbres recevait Mériadec Raffray pour discuter de la «Bataille de Camerone - l'exemple et le courage». Vers 1:25:31, Mériadec Raffray cite Jean Mabire: "Une troupe d'élite sans traditions est une Horde" https://www.dailymotion.com/video/x9irb6s]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce matin Romain Desarbres recevait Mériadec Raffray pour discuter de la «Bataille de Camerone &#8211; l&rsquo;exemple et le courage».</p>
<h4>Vers 1:25:31, Mériadec Raffray cite Jean Mabire: « Une troupe d&rsquo;élite sans traditions est une Horde »</h4>
<div class="video-shortcode"><iframe title="La Matinale (Émission du 30/04/2025)" frameborder="0" width="1200" height="674" src="https://geo.dailymotion.com/player.html?video=x9irb6s&#038;" allowfullscreen allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; web-share"></iframe></div><p>The post <a href="https://jean-mabire.com/jean-mabire-sinvite-a-la-matinale-emission-du-30-04-2025/">Jean Mabire s’invite à La Matinale (Émission du 30/04/2025)</a> first appeared on <a href="https://jean-mabire.com">Association des Amis de Jean Mabire - AAJM</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Jean Mabire – Coup d’œil rétro sur la droite et la gauche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mabrigole]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Mar 2025 20:55:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
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					<description><![CDATA[Texte publié dans Item, Février 1976  - Mise en ligne sur le site de Arthur Sapaudia Quand j’allais avoir sept ans et parce que la sagesse populaire prétend que c’est l’âge de raison, on m’a fait cadeau, aux alentours du 6 février 1934, d’une panoplie de petit garçon de droite dont le plus beau symbole me]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>Texte publié dans <em>Item</em>, Février 1976 <em> &#8211; Mise en ligne sur le site de <a href="https://sapaudia.org/2025/03/01/jean-mabire-coup-doeil-retro-sur-la-droite-et-la-gauche/" target="_blank" rel="nofollow noopener">Arthur Sapaudia</a></em></h2>
<p class="has-text-align-justify">Quand j’allais avoir sept ans et parce que la sagesse populaire prétend que c’est l’âge de raison, on m’a fait cadeau, aux alentours du 6 février 1934, d’une panoplie de petit garçon de droite dont le plus beau symbole me parut un pistolet à bouchon. Je le serrais encore dans mon poing quand l’automobile paternelle dut s’arrêter pour laisser passer un peloton à cheval de gardes mobiles. J’entends encore, à tant d’années de distance, le piétinement des sabots sur les pavés de l’avenue des Invalides. — Regarde bien ces fusilleurs !  dit mon père. Le sang avait coulé l’avant-veille sur la place de la Concorde.</p>
<p class="has-text-align-justify">Toute la Droite employait, pour parler des forces de l’ordre, le langage de la Gauche du siècle dernier. Pendant quelques secondes, je ne fus plus qu’un petit Communard regardant passer les Versaillais. Telle fut ma première « émotion » politique. Je ne comprenais rien à la Droite et à la Gauche. Mais je ressentais soudain toute l’hérédité millénaire de la perpétuelle guerre civile entre Gaulois. Être Français, c’était donc appartenir à une nation toujours divisée en deux camps ! L’école allait me l’apprendre : Cathares contre Croisés, Armagnacs contre Bourguignons, Catholiques contre Protestants, Monarchistes contre Républicains, Chouans contre Jacobins, Émigrés contre Patriotes. Toutes les couleurs bariolaient cruellement le tableau de notre Histoire : les Bleus et les Blancs, les Rouges et les Tricolores.</p>
<p class="has-text-align-justify">Depuis le siècle dernier, on parlait aussi de la Droite et de la Gauche. J’ai longtemps cru que c’était un problème de couvre-chef. J’aimais bien regarder les caricatures de Candide et de Gringoire. Il faut avouer que Blum, Thorez et Daladier avaient une autre gueule que Marchais, Fabre et Mitterrand ! Les socialistes portaient des chapeaux de rapin fin de siècle, les communistes des casquettes à carreaux et les radicaux des feutres mous. À droite, on s’en tenait au béret basque. La guerre d’Espagne introduisit dans l’imagerie politique le calot militaire porté fort crânement sur l’oreille gauche par les miliciens et sur l’oreille droite par les légionnaires. J’étais un peu perdu. Pour tout avouer, je ne sais trop pour quel camp battait mon cœur. Pour les grandes personnes pourtant, tout semblait simple au-delà des Pyrénées : Droite contre Gauche. Mais je m’enflammais d’un même mouvement pour les nationalistes basques qui se trouvaient à la droite de la Gauche et pour les phalangistes révolutionnaires qui se voulaient à la gauche de la Droite.</p>
<p class="has-text-align-justify">Il ne fallait pas trop compter sur ma famille pour m’aider. Depuis 1933, c’était le grand remue-ménage. Mon oncle de gauche avait milité dans sa jeunesse pour le pacifisme, l’internationale et la réconciliation par-dessus le Rhin. Il avait suffi de l’arrivée au pouvoir d’un certain Hitler pour qu’il décide qu’en devenant nazis, les Allemands se retrouvaient Boches comme devant. Mon oncle de droite se gargarisait de la haine de l’ennemi héréditaire, voulait annexer la Rhénanie et « faire payer » les Prussiens. Mais ce Monsieur Hitler avait bien du mérite en employant tous ces chômeurs à construire des autoroutes…</p>
<p class="has-text-align-justify">Je les écoutais se disputer sans bien comprendre leur logique. L’homme de gauche ne voulait pas que Mussolini traite les sujets du Négus comme son idole Jules Ferry l’avait fait des Tonkinois. L’homme de droite se cramponnait à l’Alsace-Lorraine, mais offrait bien volontiers au Führer la Bohème-Moravie.</p>
<p class="has-text-align-justify">Pour ma part, je venais de découvrir la religion bonapartiste et je m’engageais corps et âme dans le dernier carré des demi-solde à cannes torsadées. L’Empereur était mon Dieu et le grognard Flambeau son prophète. J’aurais bien été en peine de dire alors si Napoléon était « de droite » ou « de gauche ». Aujourd’hui, je ne suis certes plus bonapartiste, mais tout aussi incapable de situer mon ex-idole sur l’échiquier politique. Napoléon a fait des petits : Badinguet, Boulanger, Clémenceau, Sanguinetti… Cela fait plus d’un siècle que la France voit ainsi surgir des hommes de droite qui veulent faire une politique de gauche et des hommes de gauche qui doivent faire une politique de droite. C’est sans doute ce que Giscard — qui doit s’y connaître — appelle « gouverner au centre ».</p>
<p class="has-text-align-justify">Arrive dans les années trente le fascisme, qui va tout nous compliquer. Pas le fascisme tel que nous le décrivent depuis plus de trente ans les antifascistes de droite et de gauche, mais le fascisme tel qu’il était de son temps — qui est un temps irrémédiablement révolu, parce que chacun sait que l’Histoire ne repasse pas les plats, comme disait le président Bidault (…).</p>
<p class="has-text-align-justify">Le fascisme, pour rester sur le seul plan politique, c’est d’abord du radical-socialisme musclé. Mussolini ressemble fort à un maître d’école de la II<sup>e</sup> République, une époque où on croyait dans la Science et dans la Patrie, ce qui ne vous empêchait pas de bouffer du curé. La Belle Époque, quoi ! Mais tandis que le président Herriot agite sa sonnette et se cramponne à son portefeuille et à ses banquets, proclamant, la main sur le cœur, qu’il est à la gauche de la Droite et à la droite de la Gauche, tout comme Monsieur Lecanuet, voilà le Benito qui retrousse les manches de sa chemise noire et descend dans la rue avec ses nervis à gourdin !</p>
<p class="has-text-align-justify">À force de réclamer la Corse, Mussolini finit par se prendre pour Napoléon. Tout cela se terminera très mal et il faudra que Skorzeny aille le récupérer en avion à Sainte-Hélène. Il aura juste le temps de redevenir républicain et socialiste, avant de se faire pendre par les pieds, comme un petit dictateur sud-américain. On ne s’éloigne pas de la Droite et de la Gauche en parlant du fascisme (du fascisme millésimé 1923-1945, se méfier des imitations). Pour les gens de gauche, c’est une réaction de droite. Pour les gens de droite, c’est un mouvement de gauche. Dans l’Allemagne nationale-socialiste, des communistes entrent par cellules entières dans les rangs des sections d’assaut brunes, tandis que des généraux à particule et à monocle tissent les fils des premiers complots antihitlériens. Ce qui ne va pas empêcher prolétaires et aristocrates allemands, tous de vert-de-gris vêtus, de venir s’installer chez nous.</p>
<p class="has-text-align-justify">Avant, j’aurai vu le pacte germano-soviétique faire les gros titres des journaux et provoquer chez mes oncles une nouvelle volte-face. L’oncle de gauche ne voulait plus mourir pour Dantzig, tandis que l’oncle de droite se mettait à crier « Vive la Pologne » ! Ils ont eu le temps de jouer à « qui avait raison » au cours d’une longue marche qui les a conduits de Dunkerque à Saint-Jean-de-Luz.</p>
<p class="has-text-align-justify">La défaite et l’occupation apparaissent encore, à trente ans et plus de distance, comme les taches de sang de Macbeth. On a beau frotter, ça ne veut pas partir. Le peuple français, pendant quatre années de chambre noire, s’est trouvé enfin « révélé ».</p>
<p class="has-text-align-justify">Pour ce qui nous concerne aujourd’hui, on a d’abord constaté une chose essentielle: quand survient un événement vraiment grave, la Droite et la Gauche ne veulent plus rien dire.</p>
<p class="has-text-align-justify">On raconte aujourd’hui que les gens de gauche ont résisté et que les gens de droite ont collaboré. Légende tenace qui obscurcit singulièrement la vérité historique. Il faut reconnaître enfin que la réalité fut moins glorieuse. L’immense majorité des Français, de droite comme de gauche, a d’abord suivi le maréchal Pétain, quand il leur a demandé de ne rien entreprendre contre les Allemands vainqueurs. Puis cette même immense majorité a suivi le général De Gaulle, quand il les a invités à participer à la curée contre les Allemands vaincus.</p>
<p class="has-text-align-justify">Il s’est cependant trouvé quelques dizaines de milliers de Français pour ne pas suivre la masse des attentistes puis des épurateurs. Ce sont ceux qui ont pris le parti de la collaboration ou celui de la résistance au risque de leur sang. Il n’était pas plus facile de se faire parachuter en France occupée en 1940 que d’aller se battre dans Berlin investi en 1945.</p>
<p class="has-text-align-justify">Mais où étaient alors la Droite et la Gauche ? Les députés de la chambre du Front populaire avaient pour la plupart voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain ; des croix-de-feu et des cagoulards se retrouvaient dans la France Libre ou dans l’Armée Secrète ; des anciens communistes et des ex-socialistes militaient pour l’Europe nouvelle derrière leurs chefs Doriot et Déat ; le politicien de gauche Pierre Laval souhaitait la victoire de l’Allemagne, tandis que le général de droite Charles De Gaulle déclarait que si la France avait perdu une bataille elle n’avait pas perdu la guerre.</p>
<p class="has-text-align-justify">Mes oncles allaient enfin retrouver les émotions de leur jeunesse. Aux soirées chez l’ambassadeur Abetz, mon oncle de gauche pouvait pérorer sur le pacifisme, tandis que mon oncle de droite préparait la revanche à l’aide d’une collection de <em>L’Action Française</em> des années vingt.</p>
<p class="has-text-align-justify">Il y a eu une résistance de droite et une résistance de gauche, comme il y a eu une collaboration de droite et une collaboration de gauche. Briand pouvait vous conduire au « comité France-Allemagne » et Maurras vous pousser parmi les victimes de la Gestapo.</p>
<p class="has-text-align-justify">On sait que Georges Valois, le créateur du Faisceau, le premier parti français fasciste, a fini ses jours à Bergen-Belsen. Ou plutôt, on ne le sait pas et c’est bien dommage pour l’Histoire.</p>
<p class="has-text-align-justify">J’avoue d’ailleurs, pour être honnête, que je raisonne en Nordique. Ce mélange droite-gauche est sans doute moins sensible dans le Midi, ou le clivage apparaît assez net entre miliciens traditionalistes et francs-tireurs communistes. Ce qui n’a pas empêché les miliciens de se proclamer socialistes, comme les gens de gauche d’avant 1914, ni les francs-tireurs de se vouloir nationaux, comme les gens de droite d’après 1918.</p>
<p class="has-text-align-justify">Tout cela, on s’en aperçoit après-coup. À l’époque, il faut bien avouer que les lycéens de mon âge qui s’intéressaient aux « événements » (ils n’étaient d’ailleurs pas tellement nombreux) se définissaient comme pétainistes ou gaullistes, parfois même comme staliniens ou hitlériens, mais jamais, au grand jamais, comme « de gauche » ou « de droite ».</p>
<p class="has-text-align-justify">Il a fallu la paix, la guerre froide, le régime des partis, les républiques à numéros successifs, pour que notre génération découvre un clivage droite/gauche qu’elle n’avait finalement jamais connu entre 1939 et 1945, au seul moment où elle avait vécu, c’est-à-dire où elle avait connu le risque, la lutte et la mort.</p>
<p class="has-text-align-justify">Ce qui me frappe, en revanche, c’est à quel point résistants, collaborateurs et même attentistes se ressemblaient. Tout le monde admettait alors les mêmes valeurs politiques. Je me souviens d’une interview où Duclos parlait de Pétain, sans doute dans une séquence du film Français, si vous saviez et où il disait à peu près ceci :</p>
<p class="has-text-align-justify">— Travail, famille, patrie… ce n’était pas si mal trouvé.</p>
<p class="has-text-align-justify">Tout le monde, en cette lointaine époque, s’accordait sur la noblesse du travail, la primauté de la famille, le service de la patrie. Les opinions se divisaient sur les moyens bien davantage que sur les buts. Il a fallu le gauchisme, phénomène très récent, pour remettre en question toutes les valeurs dites traditionnelles et rejeter du même coup les communistes « orthodoxes » dans le camp de la réaction, où ils peuvent occuper la place laissée vide par les bourgeois devenus « progressistes », comme les aristocrates de 1788.</p>
<p class="has-text-align-justify">J’ai découvert trop tard les termes de Gauche et de Droite pour vraiment les différencier. Pour savoir où j’en suis, il me faudrait sans doute faire des tests. Je rêve de voir un jour un homme de gauche et un homme de droite honnêtes et lucides — cela devrait quand même se trouver — se mettre d’accord pour établir en commun un questionnaire. On cocherait des cases, comme dans les jeux des journaux féminins pour salons de coiffure. Et on irait vite à la grille des résultats.</p>
<p class="has-text-align-justify">Quelles surprises! Et quels changements depuis quelques dizaines d’années : la Science est passée à droite et la Religion a viré à gauche. Le nationalisme se situe à gauche dans les pays ex-coloniaux et à droite dans les pays occidentaux. On ne sait plus si l’idée d’Europe est de droite ou de gauche. Quant à l’enracinement régional, il semble de droite pour les cosmopolites de gauche et de gauche pour les nostalgiques de droite. La morale soviétique apparaît de droite et l’<em>american way of life </em>de gauche. Quant aux communistes chinois, ils s’accordent avec les nationalistes allemands pour dire qu’il faudrait laisser l’Europe aux Européens.</p>
<p class="has-text-align-justify">Il va bien falloir passer désormais au crible chacune des valeurs pour lesquelles il importe encore aujourd’hui de se battre. Mais n’est-ce pas là ce qui est programmé par Item? Nous n’avons pas fini d’essayer d’y voir clair. Avoir des sentiments, c’est être de droite. Avoir des certitudes, c’est être de gauche. Mais nous sommes quelques-uns qui avons à la fois des sentiments et des certitudes.</p><p>The post <a href="https://jean-mabire.com/jean-mabire-coup-doeil-retro-sur-la-droite-et-la-gauche/">Jean Mabire – Coup d’œil rétro sur la droite et la gauche</a> first appeared on <a href="https://jean-mabire.com">Association des Amis de Jean Mabire - AAJM</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Jean Mabire – Notre espérance est dans la révolte paysanne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mabrigole]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jan 2025 20:37:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Publié en Juin 1964 dans L’Esprit public - Mise en ligne sur le site de Arthur Sapaudia Une civilisation se juge selon la manière dont elle juge les paysans. Et ramener le problème paysan au seul problème économique est déjà une forme de mépris. Certes, il ne saurait être question d’une sentimentalité utopiste de « retour à]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">Publié en Juin 1964 dans <em>L’Esprit public &#8211; Mise en ligne sur le site de <a href="https://sapaudia.org/2024/11/18/jean-mabire-notre-esperance-est-dans-la-revolte-paysanne/" target="_blank" rel="nofollow noopener">Arthur Sapaudia</a></em></h2>
<p class="has-text-align-justify">Une civilisation se juge selon la manière dont elle juge les paysans. Et ramener le problème paysan au seul problème économique est déjà une forme de mépris.</p>
<p class="has-text-align-justify">Certes, il ne saurait être question d’une sentimentalité utopiste de « retour à la terre » et les pâtres enrubannés et sentencieux appartiennent au domaine de la littérature édifiante et non à celui de la révolution politique.</p>
<p class="has-text-align-justify">Il ne s’agit pas de savoir s’il y a trop de paysans ou pas assez, si c’est un bien ou un mal qu’en cinquante ans, de 1910 à 1960, la classe paysanne soit passée dans la nation française de 70 % à 20 % seulement. Il ne s’agit pas seulement de statistique. Il s’agit d’abord de respecter les hommes et les femmes de la terre en tant que tels : les paysans sont des producteurs ce qui est déjà hautement louable dans une société qui sécrète tant de parasites, mais ce sont aussi et surtout les dépositaires d’un certain nombre de vertus.</p>
<p class="has-text-align-justify">Un homme comme André Siegfried l’avait parfaitement compris, quand il écrivait : « L’agriculture n’est pas seulement une technique de production, c’est un genre de vie impliquant toute une conception de l’homme. »</p>
<p class="has-text-align-justify">Ce n’est pas diminuer les fraiseurs-ajusteurs ou les oto-rhino-laryngologistes, les agrégés de l’Université ou les contrôleurs du Métropolitain, que de reconnaître aux vignerons, aux herbagers ou au riziculteurs un certain nombre de qualités spécifiques que les citadins ne possèdent pas ou ne possèdent plus, parce qu’ils ne sont pas, comme les paysans, liés à un village et à un terroir, au vent et au soleil, à une maison et à une lignée.</p>
<p class="has-text-align-justify"><strong>Par essence, la paysannerie est opposée à tout ce qui cherche à nier le réel, à tout ce qui veut imposer l’abstraction et l’uniformisation.</strong> Le paysan sait que les terres et les hommes sont différents parce que telle est la première Loi qu’il constate tous les jours. Il peut distinguer un bon champ d’un mauvais, comme il sait reconnaître un bon ouvrier d’un feignant. Une saine méfiance paysanne place l’expérience vécue et personnelle à la source de toute opinion.</p>
<p class="has-text-align-justify">Ces individualistes qui savent s’associer, et qui devront de plus en plus s’associer pour survivre, sont profondément rebelles à tout collectivisme théorique.</p>
<p class="has-text-align-justify">Le socialisme rural s’il limite la grande propriété et s’il multiplie les coopératives restera toujours par essence différent du communisme urbain, voué aux métropoles termitières et aux usines concentrationnaires. Il ne s’agit pas de nier la nécessité de l’industrialisation et encore moins les vertus de l’ouvrier. Il s’agit de considérer le paysan comme le gardien d’une autre tradition et nous dirions même d’une autre civilisation qui plonge ses racines dans le Haut Moyen Âge, époque à laquelle les dernières tribus errantes de paysans-guerriers se sont enracinées à l’Occident dans leur longue marche vers les derniers feux du soleil.</p>
<p class="has-text-align-justify">Que la civilisation rurale soit par nature réactionnaire est une affirmation qui appartient au seul domaine de la propagande : qui connaît les paysans jutlandais ou frisons comprend très vite ce que peut signifier un authentique socialisme rural dans un pays où il arrive qu’un cultivateur-exploitant soit ministre ou même président du conseil.</p>
<p class="has-text-align-justify">La paysannerie ne peut survivre qu’en se révoltant contre les féodalités. Elle est la gardienne naturelle des libertés civiques.</p>
<p class="has-text-align-justify">Le communisme ne s’y est pas trompé qui a fait de la lutte contre les « koulaks » un des épisodes les plus sanglants de la révolution rouge. Le capitalisme ne s’y trompe pas davantage qui prend la relève pour détruire aujourd’hui, plus hypocritement et plus efficacement sans doute, le monde paysan.</p>
<p class="has-text-align-justify">Une propagande d’autant plus habile qu’elle est sournoise tend à rejeter le paysan hors de la vie moderne. Il n’occupe aucune place sentimentale dans la nation française, où la centralisation forcenée autour de Versailles puis de Paris a non seulement rejeté dans les ténèbres extérieures les paysans mais avec eux tous les provinciaux.</p>
<p class="has-text-align-justify">Fait plus grave encore :<strong> des paysans eux-mêmes en viennent à chercher leurs mots d’ordre non plus dans leur seule tradition, mais dans les journaux, les cabinets et les partis de leurs pires ennemis.</strong></p>
<p class="has-text-align-justify">Le masochisme qui anime un bon nombre des dirigeants syndicaux et juvéniles de la paysannerie, si prompts à ridiculiser « l’agriculture de papa » est exactement semblable au masochisme des citoyens standardisés des pays ex-colonisateurs qui depuis quelques années se frappent la poitrine et encaissent avec une humilité repentante les pires calomnies de leurs anciens sujets.</p>
<p class="has-text-align-justify">Posséder une terre et la « faire valoir » semble quelque chose de répréhensible et même de séditieux dans une société de plus en plus soumise à l’idée de partage et de communion universels.</p>
<p class="has-text-align-justify">Le mépris pour les paysans est surtout sensible en Occident. Il semble se renforcer en Amérique ou les droits des états sont de plus en plus attaqués par le pouvoir fédéral, toute centralisation s’effectuant contre les campagnes. Il semble en revanche s’atténuer en Russie où la classe dirigeante est souvent d’origine rurale et où la vague d’hostilité aux milieux cosmopolites a de profondes racines paysannes.</p>
<p class="has-text-align-justify">Les jeunes nations du tiers monde ont compris toute la puissance révolutionnaire que peut recéler la paysannerie. L’enracinement du communisme dans les masses paysannes asiatiques, s’il n’est pas aussi profond que nous l’affirme Pékin, est cependant le gage le plus certain de son avenir. (…)</p>
<p class="has-text-align-justify">Le malaise paysan sera sans doute résolu, contrairement à l’opinion des marchands et des planistes, par le maintien et même le développement des petites exploitations familiales.</p>
<p class="has-text-align-justify">La transformation de nombreuses fermes de culture en fermes d’élevage devrait par ailleurs permettre la survie d’innombrables paysans européens. L’esclavage scandaleux provoqué par les domaines démesurés, cette plaie de l’Europe méridionale, devra faire place à une véritable libération paysanne, où chacun pourra être « maître sur sa terre » et la transmettre intégralement au plus capable de ses enfants.</p>
<p class="has-text-align-justify">Démembrer les domaines féodaux (qu’ils soient aux mains d’individus ou de sociétés), multiplier les petits propriétaires et les libérer de leurs dettes, rassembler les parcelles et améliorer les sols, tels sont les grands impératifs de structure.</p>
<p class="has-text-align-justify">Là encore, l’exemple danois est éloquent, à condition que l’on se décide enfin à considérer la paysannerie non dans le cadre des grands états-nations européens mais dans son seul cadre naturel qui est celui des provinces ou des régions. <strong>Il n’existe pas d’agriculture française alors qu’il existe une agriculture alsacienne ou limousine.</strong></p>
<p class="has-text-align-justify">La paysannerie ne peut se comprendre que dans le cadre géographique, sentimental, historique d’une ethnie bien particulière. Si les paysans sont tellement suspects c’est aussi parce qu’ils parlent généralement en famille une langue différente de celle qui est écorchée à l’ORTF et qu’ils se sentent plus Breton ou Picard, plus Auvergnat ou Normand que Français – et cela d’autant plus que le Français-type c’est toujours le Parisien.</p>
<p class="has-text-align-justify">Ces fantassins exemplaires dont les noms se retrouvent par familles entières sur les monuments aux morts sont finalement les moins nationalistes et les moins chauvins des hommes. Ils connaissent le prix du sang. Et ils savent que les barrières entre les différents états européens ne tiennent pas compte des seules réalités et des seules vérités qu’ils défendent : celles des paysages où, sans frontières, chevauchent les nuages et roulent les fleuves de notre monde.</p>
<p class="has-text-align-justify">Le paysan au cours de nos dernières guerres mondiales est devenu voyageur. Des garçons qui n’avaient jamais quitté leur village se sont retrouvés artilleur en Flandre ou cavalier en Serbie, parachutiste en écosse ou charretier en Silésie.</p>
<p class="has-text-align-justify">Sensibles aux différences qui existent de ferme à ferme, de village à village, de pays à pays, ils furent également sensibles aux similitudes. Un paysan mieux qu’aucun autre pouvait comprendre qu’il n’y a pas de différence essentielle entre lui et un paysan du Sussex, de Bavière ou d’Ukraine. À peu de choses près même rythme de vie au fil des saisons et des travaux, même soumission à la pluie ou au gel, même respect de la femme, même indifférence pour les jongleurs d’abstraction, même dureté au labeur, même âpreté au gain, même fidélité à la religion chrétienne et aux vertus païennes.</p>
<p class="has-text-align-justify">Il faut bien reconnaître que le contraste était violent quand leurs fils ont débarqué en Algérie. Malgré une langue de civilisation commune, les paysans français découvraient chez les paysans arabes un univers économique, sentimental ou religieux complètement différent. On peut expliquer ainsi leur hostilité foncière à l’idée d’intégration et la force d’inertie qu’ils ont opposée dans les derniers mois de la guerre. C’est là un aspect méconnu de l’attitude du « contingent »  et qui ne satisfait d’ailleurs pas tellement ceux qui méprisent tout autant les paysans arabes que les paysans français et réservent leurs tendresses aux artisans de la révolution fellouze, pharmaciens ou adjudants, qui sont des gens de « leur monde ».</p>
<p class="has-text-align-justify">De ces idées qui viennent comme des herbes folles il me plairait qu’on retienne la notion instinctivement différenciée – et par conséquent enrichissante – que les paysans peuvent avoir de l’unité européenne.<strong> Ce sont eux et peut-être eux seuls qui permettront l’Europe des peuples, rigoureusement différente de l’Europe des banques, des parlements ou des congrès.</strong></p>
<p class="has-text-align-justify">Rien n’est plus instructif que d’écouter à une table de ferme un paysan dans la force de l’âge, et cette noueuse génération pour qui 45 ans est la course du bel et rude automne.</p>
<p class="has-text-align-justify">Beaucoup, au hasard d’une conversation coupée de longs silences et d’ironie imperceptible, en viennent à évoquer les années où ils furent prisonnier de guerre et employés de ferme tous ensemble, en Allemagne. Ce mélange de rancœur et d’attachement échappe bien vite à toutes les définitions des historiens. Voilà des hommes qui ont appris à distinguer les braves gens et les salauds.</p>
<p>Pour eux il n’y a pas deux fermes pareilles et pourtant toutes les fermes se ressemblent du Cotentin à la Poméranie…</p>
<p>Ces hommes-là qui n’ont pas lu <em>La Ville</em>, le plus beau livre « activiste », ont pourtant parfaitement compris ce que signifie pour les paysans européens « la possession ».</p>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-justify">« La possession réglait tout, la possession n’était pas seulement l’argent et les biens, c’était l’héritage et la lignée et la famille et la tradition et l’honneur, c’était le passé, le présent, l’avenir. Si quelqu’un perdait sa ferme, il perdait plus que sa propriété. Il perdait parce qu’il gouvernait mal son bien. Mal gouverner son bien, ne pas savoir penser à sa ferme, perdre sa ferme, était encore plus un opprobre qu’un malheur… »</p>
</blockquote>
<p class="has-text-align-justify">Et Ernst von Salomon dans ce roman va finalement beaucoup plus loin que dans <em>Les Réprouvés</em> parce qu’il aborde un problème hors du temps et hors d’un pays. Il met la Ferme à sa vraie place : « La communauté de lutte des paysans était de prime abord cimentée par la Ferme. La Ferme dominait, traçait, élargissait les frontières. Elle s’affirmait comme cette volonté suprême que la classe ouvrière devait chercher en un chef. »</p>
<p class="has-text-align-justify">On ne saurait mieux définir quel est l’esprit des paysans libres, ces hommes des sillons, des clos et de cet océan de blé qui roule ses vagues sur les vieilles terres d’Europe.</p>
<p class="has-text-align-justify">Ces paysans européens connaissent dans leur village les liens de parenté. Ils savent ce que furent les vieux et ce que promettent les fils. Ils savent ce qui distingue les gens de ce côté-ci de la rivière ou de la forêt et les gens de l’autre côté, et comment il faut parler dans une foire avec ceux-ci et avec ceux-là. Et pourquoi il faut se taire.</p>
<p class="has-text-align-justify">Les paysans européens, d’instinct, mettent les hommes et les choses à leur rang et savent qu’il n’est pas naturel et qu’il n’est pas utile de les faire changer de place.</p>
<p class="has-text-align-justify">Ce sont des hommes redoutables pour ceux qui rêvent d’un monde ou les maisons seront toutes pareilles, ou les journaux diront tous la même chose, où les originaux et les individualistes seront pourchassés… Ces paysans qui ne nous connaissent pas, qui ne nous lisent pas, qui sont hostiles à tout ce que nous avons de théorique et de sentimental, d’intellectuel et de citadin, ces hommes-là, fatalement, parce que c’est « la nature des choses », se trouvent dans le sens de notre volonté traditionaliste et révolutionnaire.</p>
<p class="has-text-align-justify">Ils sont nos alliés. Et ils sont notre espoir.</p><p>The post <a href="https://jean-mabire.com/jean-mabire-notre-esperance-est-dans-la-revolte-paysanne/">Jean Mabire – Notre espérance est dans la révolte paysanne</a> first appeared on <a href="https://jean-mabire.com">Association des Amis de Jean Mabire - AAJM</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Jean Mabire : l’enracinement et l’aventure &#8211; Les idées à l&#8217;endroit &#8211; TVL</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mabrigole]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Apr 2024 10:56:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[https://www.youtube.com/watch?v=s52KswzVM9s]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="video-shortcode"><iframe title="Jean Mabire : l’enracinement et l’aventure - Les idées à l&#039;endroit - TVL" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/s52KswzVM9s?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div><p>The post <a href="https://jean-mabire.com/jean-mabire-lenracinement-et-laventure-les-idees-a-lendroit-tvl/">Jean Mabire : l’enracinement et l’aventure – Les idées à l’endroit – TVL</a> first appeared on <a href="https://jean-mabire.com">Association des Amis de Jean Mabire - AAJM</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>L’Île du solstice d’hiver – Un conte de  Jean Mabire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mabrigole]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jan 2024 10:02:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
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					<description><![CDATA[Cette nuit, nous savons que nous serons seuls. Chacun a choisi le lieu de sa retraite et de sa méditation. Moi, je pars sur une île. Je vais voir sombrer dans une mer sans couleur le dernier soleil de l’année. Quand le bateau repart pour le continent, nous restons quelques-uns à nous attarder sur la]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette nuit, nous savons que nous serons seuls. Chacun a choisi le lieu de sa retraite et de sa méditation. Moi, je pars sur une île. Je vais voir sombrer dans une mer sans couleur le dernier soleil de l’année.</p>
<p>Quand le bateau repart pour le continent, nous restons quelques-uns à nous attarder sur la cale. Très vite, le bruit du moteur est rongé par la brume. Des oiseaux crient, invisibles. Dans mon île, il n’y a pas d’hivernants. Les touristes ne rôdent pas dans l’Ouest à la mauvaise saison. Les chemins sont déserts sous les arbres dépouillés.</p>
<p>Nous restons entre nous, entre gens simples. Il y a les gardiens du phare, la patronne de l’hôtel qui se plaint toujours de ses mauvaises jambes et de la morte saison, les pêcheurs aux tignasses emmêlées, le fermier au péril de la mer, le curé avec sa grande barbe grise et ses pantalons rapiécés de matelot. Nous sommes au bout du monde. Les enfants imaginent les villes illuminées, là-bas, à plus d’une heure de bateau. Les vieux s’attardent dans le jour qui fuit. Pour eux, le prochain voyage vers la grande terre se fera les yeux fermés dans le roulis éternel.</p>
<p>La fin de l’année, c’est encore l’automne, l’arrière-saison. Il ne fait pas froid. Une pluie fine grignote les battements d’une cloche. Ce soir, le vent est tombé et les fumées montent toutes droites au-dessus des maisons écrasées par le ciel gris, immense, presque noir maintenant.</p>
<p>L’île que je voyais encore tout à l’heure du haut du fort avec ses plages désertes où pourrissent les bateaux, avec ses marécages et ses landes, l’île s’est endormie dans l’odeur du varech humide, du lait frais et de l’ajonc brûlé.</p>
<p>Les gens d’ici maintenant doivent dormir sous les gros édredons de satin rouge. Les meubles craquent dans la nuit comme les membrures d’un navire. Immobile, une goélette poursuit son voyage dans une bouteille, en plein cœur de l’église.</p>
<p>Le bruit de la mer est comme une respiration régulière.</p>
<p>Qui suis-je en train de tromper ? Ces gens simples qui ne font pas de « politique » – on a déjà bien assez de mal pour gagner sa vie. Ces amis ardents qui veulent bâtir un royaume ? Ceux qui attendent sur le bord du chemin ? Ceux qui travaillent en silence ? Ceux qui sont comme du pain très blanc et très fin sous l’écorce crevassée telle une paume de paysan ? Me voici étranger et désarmé. Comment dire aux gens intelligents que nous nous battons pour des choses simples ? Comment dire aux gens simples que nous nous battons pour des choses intelligentes ? Il faudrait si souvent se taire. Laisser les horloges moudre les heures, retrouver tout doucement cette union sans phrase avec un peuple sans détour.</p>
<p>Mon île est au bout du monde. Elle est si basse sur la mer, il y a tant de brume certains jours d’hiver que le continent ne voit plus ces rochers qui viennent respirer à la surface de l’eau. On croit parfois qu’ils vont plonger, disparaître. Mais mon île est un monde bien réel avec sa longue centaine d’hommes, de femmes, d’enfants.</p>
<p>Les gens de mon île savent que l’eau est glacée au petit matin, que le poisson se vend mal sur la côte voisine, que ceux qui ont péri en mer n’auront jamais une place au cimetière. Ils savent qu’on ne ruse pas avec le vent, que le courant fait la loi et que la marée mesure le temps.</p>
<p>L’herbe gorgée d’eau salée est douce sous le pied, mais les épines et les ronces déchirent les mains. Un fagot de bois arrache une vieille épaule. Le granit pèse aussi lourd que le monde.</p>
<p style="text-align: center;">*<br />
*     *</p>
<p>Dans mon île, je n’ai pas appris de grandes choses ; je n’ai pas découvert les lois qu’il faut donner à l’État, ni comment faire pour que les impôts soient utiles et les armées efficaces. Mon île, qui n’est même pas une commune, ignore l’expansion économique et le fédéralisme politique. Ici, les gens se soucient peu de la Normandie, de la France et de l’Europe. Ils trouvent seulement que les touristes allemands ressemblent aux plaisanciers britanniques et qu’on ferait mieux de s’entendre une bonne fois plutôt que de mobiliser les inscrits maritimes pour les faire tuer aux Dardanelles, à Dunkerque, à Dakar, à Haiphong ou à Nemours.</p>
<p>Ce n’est pas dans mon île, minuscule royaume de sables, de dunes et de galets, que j’ai appris les lois de la bataille politique où nous nous sommes lancés pour prendre à bras-le-corps tout un continent. Mais c’est pourtant là-bas que je m’en vais quand je veux retrouver le sens profond de toutes choses en ce monde. Pourquoi tant de misères acceptées et tant de joies inattendues ? Pourquoi ces jeunes marins qui ne reviendront plus et ces vieillards qui n’arrivent pas à mourir ? Pourquoi des actes absurdes, pourquoi des amis inoubliables, pourquoi des fleurs fanées ?</p>
<p>Dans mon île, j’ai appris ce qui était autrefois et ce qui demeure aujourd’hui le plus nécessaire : ne pas craindre, ne pas subir, ne pas abandonner.</p>
<p>Notre action est exactement semblable à celle du pécheur qui repart en mer après une tempête, les filets déchirés, le matériel perdu, le porte-monnaie vide. L’océan attend le labour de son bateau comme l’Europe attend le labour de notre charrue. Le mauvais temps ne nous rend pas amers, ni tristes. Nous sommes juste un peu fatigués. Les yeux se ferment certaines heures à la barre. On imagine le soleil, une plage, la joie…</p>
<p>Dans mon île, on ne se pose pas de questions. On trouve d’instinct ce qui est nécessaire et ce qui est inutile. On ne lit guère le journal, mais on consulte souvent le baromètre. On croit plus volontiers ce que votre père vous a appris que ce qu’on entend à la radio. On aime mieux ceux qui sont proches que ceux qui sont étrangers. On ne cherche pas tellement à comprendre pourquoi il faut travailler, mais comment.</p>
<p>Ce qui compte, ce sont des choses réelles, solides sous la main. Un casier à réparer, un état à remplir, une vie à sauver.</p>
<p>Je ne pense pas que je puisse apprendre quelque chose aux gens de mon île. Mais ce matin, quand le soleil de l’an nouveau se lève, je sais qu’il va éclairer, avant mon île, tout un continent, là-bas vers l’est, qui émerge du sommeil et de la si longue nuit.</p>
<p>Immense et rouge, le soleil illumine une année nouvelle. Les rochers sont comme des aiguilles sombres. Des paillettes jaune pâle scintillent sur la mer. Mon île, mon pays, mon peuple, mes amis saluent le soleil.</p>
<p>Et lentement, tu surgis du sommeil. J’ai veillé sur toi pendant toute cette nuit, ô mon Europe aux longs cheveux d’or dénoués sur mon épaule. Ouvre les yeux, vois, nous allons partir ensemble, pour une Île immense, hérissée de menhirs, de cathédrales et de stades. Nous naviguerons du cap Nord au détroit de Gibraltar, de la mer d’Irlande au golfe de Corinthe. Nous découvrirons les Shetlands et les Cyclades, les Baléares et les Lofoten, îles innombrables de ta couronne, merveilleux royaume de ta beauté et de ta puissance, sous le grand tournant du soleil.</p>
<p>Viens, c’est une année nouvelle.</p>
<p style="text-align: center;"><em>Fin</em></p>
<p>Jean Mabire, 1965 dans <em>L’Esprit public</em>, 2000, <em>Contes d’Europe volume II </em> aux éditions Dualpha</p><p>The post <a href="https://jean-mabire.com/lile-du-solstice-dhiver-un-conte-de-jean-mabire/">L’Île du solstice d’hiver – Un conte de  Jean Mabire</a> first appeared on <a href="https://jean-mabire.com">Association des Amis de Jean Mabire - AAJM</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>L&#8217;Âtre n°53 &#8211; Portraits de Jean Mabire et Dominique Venner</title>
		<link>https://jean-mabire.com/latre-n53-portraits-de-jean-mabire-et-dominique-venner/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[mabrigole]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jan 2024 21:12:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[L'Âtre n°53 - Portrait de Jean Mabire  L'Âtre n°53 - Portraits de Jean Mabire et Dominique Venner]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1288" style="width: 648px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1288" class="wp-image-1288 size-full" src="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2024/01/LAtre-n°53-Portraits-de-Jean-Mabire-et-Dominique-Venner_02.jpg" alt="L'Âtre n°53 - Portrait de Jean Mabire" width="638" height="813" srcset="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2024/01/LAtre-n°53-Portraits-de-Jean-Mabire-et-Dominique-Venner_02-200x255.jpg 200w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2024/01/LAtre-n°53-Portraits-de-Jean-Mabire-et-Dominique-Venner_02-235x300.jpg 235w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2024/01/LAtre-n°53-Portraits-de-Jean-Mabire-et-Dominique-Venner_02-400x510.jpg 400w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2024/01/LAtre-n°53-Portraits-de-Jean-Mabire-et-Dominique-Venner_02-500x637.jpg 500w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2024/01/LAtre-n°53-Portraits-de-Jean-Mabire-et-Dominique-Venner_02-600x765.jpg 600w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2024/01/LAtre-n°53-Portraits-de-Jean-Mabire-et-Dominique-Venner_02.jpg 638w" sizes="(max-width: 638px) 100vw, 638px" /><p id="caption-attachment-1288" class="wp-caption-text">L&rsquo;Âtre n°53 &#8211; Portrait de Jean Mabire</p></div>
<p><a href="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2024/01/LAtre-n°53-Portraits-de-Jean-Mabire-et-Dominique-Venner.pdf">L&rsquo;Âtre n°53 &#8211; Portraits de Jean Mabire et Dominique Venner</a></p><p>The post <a href="https://jean-mabire.com/latre-n53-portraits-de-jean-mabire-et-dominique-venner/">L’Âtre n°53 – Portraits de Jean Mabire et Dominique Venner</a> first appeared on <a href="https://jean-mabire.com">Association des Amis de Jean Mabire - AAJM</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Breizh-Info &#8211; Les amis de Jean Mabire ont consacré un numéro à la Bretagne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mabrigole]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Oct 2023 07:37:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Leveaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Didier Patte]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Edern Hallier]]></category>
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					<description><![CDATA[Bernard Leveaux est le responsable de la publication intitulée Magazine des Amis de Jean Mabire, qui consacre son numéro actuel, le 65/66, aux relations entretenues par l’écrivain Jean Mabire avec la Bretagne. Lionel Baland l’a interrogé, à cette occasion, pour Breizh-info. Breizh-info : Quelles sont les circonstances qui ont conduit à la fondation du Magazine des Amis de Jean]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Bernard Leveaux est le responsable de la publication intitulée <em>Magazine des Amis de Jean Mabire</em>, qui consacre son numéro actuel, le 65/66, aux relations entretenues par l’écrivain Jean Mabire avec la Bretagne. Lionel Baland l’a interrogé, à cette occasion, pour Breizh-info.</p>
<p><b><strong><u>Breizh-info :</u></strong></b><b><strong> Quelles sont les circonstances qui ont conduit à la fondation du <em>Magazine des Amis de Jean Mabire</em> ? </strong></b></p>
<p><u>Bernard Leveaux :</u> Tout d’abord, rappelons que Jean Mabire (1927-2006) était un écrivain et historien régionaliste normand considéré comme un « éveilleur du peuple » de cette province, au même titre qu’Olier Mordrel pour la Bretagne.</p>
<p>Le magazine dont vous parlez n’a été, au départ, qu’un simple bulletin d’information né lors de la création de l’<a href="https://jean-mabire.com/" target="_blank" rel="noopener">Association des Amis de Jean Mabire</a>, à la fin de l’année 2001. Le président en a été <a href="https://www.breizh-info.com/2023/02/06/214939/didier-patte-fondateur-du-mouvement-normand-sen-est-alle/">Didier Patte</a>, créateur et animateur du Mouvement normand, et le président d’honneur a été l’écrivain Paul Sérant, peu avant son décès survenu en 2002. Jean Mabire, lui, nous a quittés en mars 2006. Ce bulletin d’information est l’expression de la pensée, ainsi que de l’œuvre, de la personne à qui il est consacré. Cet écrit a gardé continuellement le même esprit. Simplement, au fil des années, il a pris un peu plus de volume, dans tout les sens du terme. C’est pourquoi, vous le nommez aujourd’hui magazine.</p>
<p>Nous n’avons aucune prétention commerciale à sortir, trois fois par an, cette publication qui semble susciter aujourd’hui un certain intérêt au-delà des seuls amis de Jean Mabire. Reconnaissons, toutefois, que tel était notre objectif premier : faire connaître Jean Mabire à un plus grand public, aujourd’hui encore trop modeste, tout comme le prix de l’abonnement. Mais, depuis vingt deux années, nous persévérons.</p>
<p><a href="https://www.breizh-info.com/2023/10/08/225208/les-amis-de-jean-mabire-ont-consacre-un-numero-special-de-leur-revue-a-la-bretagne/" target="_blank" rel="noopener">Lire la suite de l&rsquo;interview sur Breizh-Info</a></p><p>The post <a href="https://jean-mabire.com/breizh-info-les-amis-de-jean-mabire-ont-consacre-un-numero-special-de-leur-revue-a-la-bretagne/">Breizh-Info – Les amis de Jean Mabire ont consacré un numéro à la Bretagne</a> first appeared on <a href="https://jean-mabire.com">Association des Amis de Jean Mabire - AAJM</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Laurent Schang interviewe Bernard Leveaux, rédacteur en chef de la revue de l&#8217;AAJM</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mabrigole]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Apr 2023 18:45:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Éléments]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Schang]]></category>
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					<description><![CDATA[Laurent Schang interviewe Bernard Leveaux, rédacteur en chef de la revue de l'AAJM]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1152" style="width: 553px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2023/10/2023-04_Elements_Interview-AAJM.jpg"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1152" class="wp-image-1152 size-full" src="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2023/10/2023-04_Elements_Interview-AAJM.jpg" alt="Laurent Schang interviewe Bernard Leveaux, rédacteur en chef de la revue de l'AAJM" width="543" height="768" srcset="https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2023/10/2023-04_Elements_Interview-AAJM-200x283.jpg 200w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2023/10/2023-04_Elements_Interview-AAJM-212x300.jpg 212w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2023/10/2023-04_Elements_Interview-AAJM-400x566.jpg 400w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2023/10/2023-04_Elements_Interview-AAJM-500x707.jpg 500w, https://jean-mabire.com/wp-content/uploads/2023/10/2023-04_Elements_Interview-AAJM.jpg 543w" sizes="(max-width: 543px) 100vw, 543px" /></a><p id="caption-attachment-1152" class="wp-caption-text">Laurent Schang interviewe Bernard Leveaux, rédacteur en chef de la revue de l&rsquo;AAJM</p></div><p>The post <a href="https://jean-mabire.com/laurent-schang-interviewe-bernard-leveaux-redacteur-en-chef-de-la-revue-de-laajm/">Laurent Schang interviewe Bernard Leveaux, rédacteur en chef de la revue de l’AAJM</a> first appeared on <a href="https://jean-mabire.com">Association des Amis de Jean Mabire - AAJM</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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